Biographie de Jean Le Garignon

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Jean Le Garignon nait au Havre le 26 avril 1934 d'une famille bretonne. Son père est employé sur les transatlantiques et sa mère reste au foyer.

Après un début d'enfance heureuse, Jean subit de plein fouet les affres de la guerre : son père étant embarqué et retenu en Grande Bretagne, sa mère et lui fuient Le Havre en Juin 40 et participent à l'exode. Difficulté supplémentaire, après son rapatriement, son père ne peut reprendre son activité, l'occupant bloquant toute navigation. Par chance, le père de Jean retrouve une place à Marseille en zone libre et la famille émigre à Allauch dans un train surbondé, devant faire l'intégralité du trajet debout dans le soufflet entre deux wagons. Mais c'est un bien pour un mal car le petit Jean est frappé par cette lumière du midi, comme le fut 50 ans avant Cézanne, et son séjour à Allauch restera à jamais gravé dans sa sensabilité artistique, avec cette marque intense pour la lumière et l'intensité des couleurs.

Déjà petit, Jean fait montre d'un esprit artistique certain : il construit des maisons avec des briques de boue séchée formées dans des boîtes d'allumettes.

Cependant le bonheur a une fin et cette fin arrive le 11 novembre 1942 quand les Allemands envahissent la zone sud. Plus question de travailler. Retour à la maison familiale de Bretagne pendant le reste de la guerre. Restrictions et rationnements frappent durement. Jean passe alors son Certificat d'Etudes

Avec la Libération, retour au Havre où son père se réembarque sur les grands transatlantiques. Jean passe au Collège. Cependant il doit rapidement s'orienter vers une formation moins scolaire. Il rejoint les Beaux Arts dont il est diplomé puis un cabinet d'architecte.

Ne pouvant pour des raisons financières obtenir le diplôme d'architecte et devant assurer les revenus du ménage, il monte à Paris pour trouver du travail. Il rejoint l'Entreprise Industrielle dont il est dessinateur projeteur. Il abandonne ses ambitions artistiques, mais utilisent ses talents pour aménager son petit pavillon avec goût.

Néanmoins sa passion pour l'art ne l'a jamais quitté. Et la Corse est l'élément déclencheur du retour de sa vocation. A l'occasion de vacances, il retrouve ses paysages écrasés de soleil qui l'inspirent dans la ligne de Van Gogh.

Se fixant en Balagne, il affine son style, empruntant tant à Pissaro qu'à Sisley. Puis il découvre d'autres pays et d'autres atmosphères sans jamais oublier la Corse qui reste sa grande source d'inspiration. Ce sera la Normandie, le Val de Loire, la Bretagne...

Deux évènements vont encore jouer un grand rôle dans l'évolution de son art. A l'occasion d'un salon à Sélestat, il découvre l'Alsace et sa lumière plus douce. Puis c'est la tentation de Venise. Sont style se fait plus doux, la touche plus légère, la couleur plus fine. On retrouve des influences différentes : Corot, les paysagistes anglais...

Sa carrière connaît un succès croissant même s'il ne devient jamais professionnel. Il expose à la galerie Vincent, à la galerie 34 à Paris, aujourd'hui disparue. Il expose au cheval noir de Sélestat. La fondation Michel Ange à Venacu en fait son invité annuel. Il expose à la Mandragore Internationale, puis au pavillon du jardin de Bagatelle, à la Roche Guyon, au manoir de Villarceaux.

Parallèlement, ses oeuvres sont exposées aux Salons Arts Inter et aux Journées de la Fondation Paul Ricard. Son langage à la fois simple mais original lui vaut les faveurs des prix du public. A la fin de sa carrière, il redécouvre la Bretagne et est séduit par son atmosphère. Il découvre que l'humidité autorise des effets de lumière différents mais aussi impressionnistes que l'éclairage violent du midi.

Jean Le Garignon décède précocement à la Timone à Marseille en 1986. Il avait 52 ans.

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